Géostratégie : L’Afrique face au nouveau désordre mondial

Une réunion stratégique entre Africains (hommes et femmes de manière paritaire) avec en fond une carte du monde.

2063Now | Août 2025

Face à un monde chaotique où chaque événement, conflit ou crise diplomatique semble redéfinir l’avenir global, les travaux de l’historien français Fernand Braudel rappellent que les transformations systémiques s’inscrivent dans la “longue durée” [1]. Pour conjuguer cette vision du temps long avec l’agilité nécessaire face aux crises ponctuelles, les pays africains doivent engager une réflexion stratégique et une planification dépassant les cycles politiques, afin de tirer leur épingle du jeu.

Les pays africains, dans toute leur diversité, n’ont jamais eu la chance d’être concernés par la « fin de l’Histoire » prédite par Francis Fukuyama au début des années 1990, ni par les promesses d’un nouvel ordre mondial pacifié, harmonisé et prospère après la fin de la guerre froide. Bien au contraire, depuis près de quarante ans, le continent a tour à tour connu la « décennie perdue » consécutive aux plans d’ajustement structurel, puis un regain d’espoir dans les années 2000 marqué par les annulations de dettes et la croissance économique, avant de voir les fragilités de ses fondements macroéconomiques mises à rude épreuve par la crise financière mondiale, la fin du super-cycle des matières premières et la pandémie de COVID-19. À cela s’ajoutent les effets toujours plus visibles et néfastes du changement climatique, les tensions économiques entre grandes puissances (en particulier les États-Unis et la Chine), ainsi que la remise en question du droit international avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la résurgence des tensions au Proche et Moyen-Orient, où les massacres de populations civiles et la famine se poursuivent dans une indifférence quasi générale.

Ce nouveau « désordre mondial » est multidimensionnel et expose particulièrement les pays africains à de nombreux risques. À l’affaiblissement du droit international s’ajoute l’accroissement des appétits économiques et impérialistes pour les ressources stratégiques du continent, notamment celles nécessaires à la transition énergétique, ainsi que la remise en cause des objectifs de développement et des mécanismes de solidarité « Nord-Sud », notamment l’aide publique au développement.

Dans ce contexte de désordre mondial, les pays africains doivent tracer leurs propres voies, à la fois dans leur singularité et collectivement en tant que continent, afin d’affirmer une autonomie stratégique, de garantir leur souveraineté, de promouvoir une « prospérité partagée » [2] sur le long terme pour leurs populations et de répondre aux défis majeurs de ce siècle.

 Le droit international n’est plus en mesure de protéger les Etats Africains déjà fragilisés

“L’inégalité des armes nous a fait tout perdre, car là où prévaut la force, le droit se perd” [3]. Dans une correspondance de 1643 dénonçant le crime moral qu’est l’esclavage et les appétits coloniaux des Provinces-Unies et du Portugal sur son royaume, le Ntotila Nkanga A Lukeni (Connu également sous le nom de Garcia II, Ntotila de Kongo Dia Ntotila, Roi du “Royaume du Kongo”) analysait avec justesse la prévalence de la force sur le droit dans un monde en plein chaos, qui allait plonger les États africains sous la domination européenne pendant plusieurs siècles.

Au regard des crises diplomatiques et des conflits qui sévissent ces dernières années, la citation de Nkanga A Lukeni est toujours d’actualité. Depuis quelques années, le droit international n’a pas cessé d’exister, mais force est de constater qu’il peine à résoudre les conflits existants, pire encore, qu’il n’est plus en mesure d’arrêter les appétits impérialistes et les crimes de ceux qui ont les moyens économiques et militaires de leurs intérêts ou les bonnes alliances diplomatiques.

Les organes de justice internationale et les ONG spécialisées sont relégués au rang de commentateurs des situations de crise internationale, voire menacés dans leur travail, même par les démocraties occidentales, dont l’essence repose en partie sur la reconnaissance du droit international.

Dans ce monde où la loi du plus fort semble régner, les sujets sécuritaires et de diplomatie internationale pourraient accaparer l’action politique et les ressources budgétaires déjà limitées de nombreux gouvernements et les détourner des enjeux prioritaires de développement au niveau national (infrastructures, éducation, santé, changement climatique, etc.). En dépit du nouveau paradigme sécuritaire mondial, les fragilités socio-politiques et économiques restent manifestes pour de nombreux États africains. Malgré une population en forte croissance, l’Afrique ne contribue qu’à environ 2,5 % du PIB mondial et 3 % du commerce international, avec un indice de développement humain moyen de 0,536, le plus faible parmi les continents. Près de la moitié de la population africaine n’a toujours pas accès à l’électricité, et 418 millions de personnes demeurent privées d’eau potable. Par ailleurs, si les routes sont essentielles pour le transport des biens et des personnes, seules 43 % des populations rurales disposent d’un accès à une route praticable en toute saison. Ces fragilités s’illustrent aussi par la présence de 32 pays africains parmi les pays les moins avancés (sur 44) et la concentration du plus grand nombre de missions de maintien de la paix de l’ONU, témoignant de vulnérabilités structurelles persistantes [4].

Le cocktail explosif de la fragilité des États africains et de l’affaiblissement du droit international peut générer une double menace pour le continent. D’abord intra-africaine, avec un risque croissant de voir des différends territoriaux et des compétitions pour les ressources se régler par la violence et les armes, notamment pour l’accès à l’eau. Si rien ne change dans la gestion des bassins fluviaux africains, 920 millions de personnes pourraient vivre dans des zones à risque de conflit élevé ou très élevé d’ici 2050 [5].

La menace est également internationale : la fragilité et les besoins de paix de certains États aiguisent les appétits économiques et les ambitions diplomatiques. Les belligérants impliqués dans des conflits dans des pays riches en ressources, comme au Soudan, bénéficient du soutien de puissances étrangères désireuses d’assurer l’acheminement de ressources minières. Dans le cas de la République Démocratique du Congo (RDC), l’accès aux ressources minières a été au cœur des accords de paix avec le Rwanda, appuyés par l’administration américaine, bradant ainsi la souveraineté du pays et sans considération pour les droits des populations locales.

La fin du consensus moral mondial sur la réduction des inégalités et l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) obligent les pays africains à l’action

La suspension pour 90 jours des financements de l’agence américaine USAID en janvier 2025 a révélé la forte dépendance de nombreux programmes de développement, notamment des systèmes de santé, au soutien américain, lequel représente environ 20 % de l’aide publique au développement (APD) destinée à l’Afrique. Cette décision s’inscrit dans une tendance plus ancienne de remise en question, voire de défiance, à l’égard des mécanismes de solidarité Nord-Sud au sein des pays occidentaux, dans un contexte de croissance économique atone et de pressions conservatrices exercées par les opinions publiques.

À cela s’ajoute la fin d’un consensus moral mondial autour de la réduction des inégalités, de la réalisation des ODD et une priorisation des enjeux de proximité ou stratégiques (comme les guerres en Ukraine et à Gaza). En 2023, seuls cinq pays membres du Comité d’aide au développement ont atteint l’objectif de 0,7% d’APD/Revenu National Brut : le Danemark, l’Allemagne, le Luxembourg, la Norvège et la Suède. En 2024, ce nombre est tombé à quatre, l’Allemagne ayant vu son ratio chuter de 0,82% à 0,67% [6].

Cette dynamique est catastrophique sur le plan humain, eu égard aux nombreuses vies qui seront affectées par ces décisions. Elle constitue néanmoins un rappel nécessaire aux pays africains : leur développement ne pourra se réaliser que par leurs propres moyens.

Les besoins de financement sont immenses et restent très loin d’être couverts pour répondre aux multiples priorités. L’Afrique n’a reçu qu’environ 3,3 % des flux mondiaux de financement climatique entre 2011 et 2020, soit une fraction infime des besoins. Selon les Nations Unies, le coût pour atteindre les ODD en Afrique d’ici 2030 est estimé à environ 1 300 milliards de dollars par an, tandis que les besoins pour combler le déficit en infrastructures sont évalués entre 68 et 108 milliards de dollars par an [7] [8].

Une grande partie de la réponse au financement du développement en Afrique réside dans la mobilisation des ressources internes. Selon la Banque africaine de développement (BAD), avec des réformes profondes et correctement séquencées, l’Afrique pourrait mobiliser 1 430 milliards de dollars supplémentaires en ressources domestiques à partir de ses différents types de capital — fiscal, naturel, financier, entrepreneurial et humain — afin d’accélérer une croissance inclusive et durable [8].

Les institutions financières africaines doivent se montrer à la hauteur de ces défis, et travailler plus vite pour déployer le capital là où il est nécessaire, en particulier les investisseurs institutionnels disposant de mandats à long terme pour investir. L’Africa Finance Corporation estime que l’ensemble des capitaux domestiques sur le continent dépassent 4 000 milliards de dollars, dont plus de 1 600 milliards dans le secteur non bancaire : 455 milliards dans les fonds de pension, 320 milliards dans l’assurance, 250 milliards dans les banques publiques de développement, 150 milliards dans les fonds souverains, et 473 milliards en réserves de change, dont 38 milliards en or [9].

De plus, il est essentiel que les plus grandes fortunes africaines adoptent une forme de patriotisme économique. À l’instar du modèle philanthropique américain du XXᵉ siècle, les principales fortunes du continent et les family offices pourraient investir davantage collectivement et assumer des risques dans les secteurs stratégiques, là où le capital-investissement fait cruellement défaut et où ni l’État — en raison de ressources limitées — ni les investisseurs internationaux — en raison d’une perception excessive du risque — ne peuvent intervenir.

La pensée stratégique de long-terme : une nécessité pour survivre et prospérer dans un monde en constante évolution

 Dans un environnement géostratégique complexe et en constante évolution, seuls les États dotés d’une pensée stratégique et d’une planification politique à long terme seront en mesure de faire entendre leur voix dans le concert des nations. Ils pourront aussi assurer une croissance économique durable, indépendamment des crises, qu’elles soient économiques, militaires, énergétiques ou climatiques, dans les années à venir.

Transition énergétique, intelligence artificielle, cybersécurité, matières premières stratégiques, chaînes de valeur, conquête spatiale : autant de domaines déterminants pour lesquels les États doivent se doter de politiques publiques efficaces et adaptées. Au-delà des nombreuses feuilles de routes existantes au niveau national et continental, la mise en œuvre d’outils de planification et d’exécution (comme les delivery units interministérielles), sont indispensables pour passer d’un potentiel économique fantasmé à une véritable création de valeur à long terme. Cela est particulièrement pertinent dans un contexte de ressources budgétaires limitées pour les gouvernements et de compétition internationale pour les capitaux privés. Tout potentiel non réalisé est un échec, et les gouvernements africains doivent exécuter les projets plus rapidement.

L’agilité des États africains et leur capacité à penser stratégiquement seront les garants d’une prospérité durable pour le continent. À l’inverse, leur absence plongera de nombreux pays dans un marasme politico-économique, précipitant l’appauvrissement de populations déjà très vulnérables.

Le nouveau désordre mondial est propice à la redéfinition des alliances passées et au pragmatisme économique pour favoriser les partenariats utiles et bénéfiques à l’industrialisation, la transformation et la formation créant une “autonomie stratégique ouverte sur le monde” pour paraphraser le premier ministre espagnol Pedro Sanchez (dans sa vision pour l’Europe lors de la présidence espagnole du Conseil de l’Union Européenne en 2023).

Le nouveau désordre mondial est également une invitation pour l’Afrique à puiser dans son histoire et dans son imaginaire collectif afin de bâtir une vision politique et culturelle capable de répondre aux enjeux de ce siècle. Tous les pays en recherche de puissance convoquent le passé pour répondre présent aux enjeux de ce siècle. Il s’agit de synthétiser le meilleur de nos ethos socio-culturels avec ce que le monde peut offrir, pour en tirer une dynamique de transformation tournée vers l’avenir. La prise de conscience de nos vulnérabilités structurelles et la maîtrise de nos dépendances doivent figurer au cœur des priorités stratégiques.

Dans un monde où la distinction entre ennemis et alliés s’efface au profit d’intérêts mouvants, la pluralité des partenariats interétatiques devient un impératif.

Enfin, la production d’idées par des think-tanks africains et des plateformes d’experts indépendants est essentielle pour alimenter une réflexion exigeante, lucide et orientée vers la mise en œuvre concrète de politiques publiques adaptées. Ces espaces doivent inciter les acteurs publics et privés à prendre pleinement conscience des urgences multiples qui pèsent sur le continent, afin de ne pas répéter les occasions manquées de la décennie 2010 — marquée par des taux d’intérêt historiquement bas et une abondance de capitaux privés dont l’Afrique n’a malheureusement pas su tirer tout le bénéfice.

L’Afrique dispose d’atouts pour affirmer une autonomie stratégique et bâtir une prospérité durable et partagée

Malgré leurs fragilités, les pays africains ne manquent pas d’atouts pour faire face à ce nouveau désordre mondial.

Leur poids collectif à l’Assemblée générale des Nations Unies leur confère une influence stratégique, notamment pour accompagner la réforme attendue de l’organisation, (particulièrement du fonctionnement du Conseil de sécurité, qui doit donner plus de représentativité aux pays africains, à la veille des 80 ans de la Charte des Nations Unies [10]).

Par ailleurs, le continent dispose en outre de métaux et de ressources critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, ainsi que d’un capital naturel unique qu’il peut valoriser à travers des financements liés à l’adaptation et à la transition.

Les pays africains disposent entre autres de près de 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques utilisés dans la transition énergétique, particulièrement le cobalt (la RDC détient 70 % des réserves mondiales), le lithium, le cuivre, le graphite, le nickel et les terres rares [11]. Pour matérialiser ce potentiel, il est impératif de sortir des logiques extractrices court-termistes passées pour prioriser la montée dans la chaîne de valeur grâce à une transformation économique locale, génératrice de richesses pour les populations locales et les Etats. Cela permettrait à l’Afrique de devenir un pôle mondial pour le traitement des minéraux critiques et la production de technologies vertes, en développant une chaîne de valeur intégrée allant de l’extraction à la transformation, en passant par la fabrication et l’innovation technologique.

Il en est de même du capital naturel. Plusieurs institutions africaines, à l’instar de la BAD et Africa Investors [12], appellent de leurs souhaits à la reconnaissance du le capital naturel comme un actif public productif et tangible, et à l’intégration des écosystèmes naturels dans les stratégies nationales et le calcul du produit intérieur brut. Cette reconnaissance permettrait de créer une nouvelle génération d’instruments fiscaux et financiers, libérer des solutions viables fondées sur la nature et orienter l’allocation des capitaux vers le financement de la transition, la préservation des écosystèmes (notamment des côtes africaines), réservoir de richesses pour les populations. La BAD estime le potentiel de “l’économie bleue” à 405 milliards de dollars d’ici à 2030. Le tourisme pourrait participer activement à la création de richesse, la modernisation des infrastructures et la création d’emplois.

Le potentiel touristique africain est unique et globalement méconnu dans un secteur en quête de nouvelles destinations. Les pays africains disposent d’atouts incomparables : paysages naturels préservés, culture plurielle, patrimoine historique, gastronomie diversifiée et encore peu connue, et une population jeune capable de dynamiser le secteur. Selon le World Travel & Tourism Council, le tourisme africain pourrait ajouter 168 milliards de dollars au PIB et créer 18 millions d’emplois supplémentaires d’ici 2033, à condition de mettre en place des politiques publiques ambitieuses. De nombreux pays valorisent leurs patrimoines grâce à des politiques publiques ambitieuses et des investissements massifs dans le secteur. Par exemple, le Maroc (développement de hubs aériens), le Bénin (valorisation du patrimoine culturel, tourisme mémoriel et d’affaires), le Rwanda (écotourisme et tourisme d’affaire) ou encore le Kenya (digitalisation et tourisme vert) s’affirment ou se réinventent comme des destinations touristiques de premier plan pour les années à venir.

Aux atouts économiques s’ajoutent des avancées politiques et diplomatiques majeures : la présidence historique du G20 par l’Afrique du Sud et la montée en puissance des BRICS+, redessinent l’architecture géopolitique mondiale. Cette recomposition offre aux pays africains une opportunité inédite de repenser leurs alliances et partenariats, en adoptant une approche résolument multipolaire et compétitive pour conclure des accords stratégiques à leur avantage.

Sur le plan démographique et humain, l’Afrique bénéficie d’une jeunesse dynamique qui représentera près de 2,5 milliards de personnes en 2050, un atout décisif dans un monde vieillissant, à condition qu’elle soit formée et intégrée aux chaînes de valeur. La diaspora, quant à elle, joue déjà un rôle de financement, avec des transferts de fonds de plus de 90 milliards de dollars en 2023 (dépassant nettement l’APD) [6]. Elle pourra à l’avenir constituer davantage un relais de compétences, de pratiques internationales, et d’influence politique et économique dans les pays d’accueil.

Enfin, à l’heure où il est bafoué et malmené, les pays africains peuvent s’affirmer comme garants du droit international et producteurs de normes, à l’instar de l’Afrique du Sud auprès de la Cour Internationale de Justice dans le contexte de Gaza [13], ou en s’inspirant de la longue tradition normative du continent, incarnée par des textes fondateurs tels que la Charte du Mandén de 1236 [14] sous l’empire mandingue pour créer de nouveaux paradigmes et incarner un leadership mondial en matière de droit (notamment sur les questions de protection des droits des populations autochtones, du capital naturel et des écosystèmes).

Pour relever les défis majeurs de ce siècle, les nations africaines doivent donc allier préparation stratégique sur le temps long et réponses efficaces aux urgences présentes. C’est à ce prix qu’elles pourront garantir leur souveraineté, affirmer une autonomie stratégique et bâtir une prospérité durable et partagée pour leurs populations.

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 Sources & Références

  • [1] “Sommes-nous à un tournant de l’Histoire ?” David Motadel, The Guardian, 2025 traduit et publié par Courrier international
  • [2] “L’urgence africaine – Changeons le modèle de croissance !” Kako Nubupko, Odile Jacob, 2019
  • [3] “Le Royaume Kongo sous Vita Nkanga, les fondements de la Maison Royale Ki-Nlaza 1636-1665” Bruce Mateso, PAARI, 2024
  • [4] Center for Global Development, UN Trade & Development
  • [5] “920 million people could face conflict over the world’s rivers by 2050: what our study found in Africa” Sophie de Bruin, The Conversation, 2023
  • [6] “Demystifying Africa’s dependence on foreign aid” Mo Ibrahim Foundation, 2025
  • [7] “Landscape of Climate Finance in Africa 2024”, Climate Policy Initiative, 2024
  • [8] “African Economic Outlook 2025” African Development Bank, 2025
  • [9] “State of Africa’s Infrastructure Report 2025” Africa Finance Corporation, 2025
  • [10] United Nations
  • [11] “Africa’s strategic positioning in the global green revolution and critical minerals race”, Marit Kitaw, Brookings, 2025
  • [12] “G20 Nature Investment Roadmap 2.0”, Africa Investors & Sustainable Markets Initiative (SMI) Africa Council, 2025
  • [13] “Comment l’Afrique du Sud défend une cause universelle” Le Monde Diplomatique, Anne-Cécile Robert, 2024
  • [14] “La Charte du Mandén, proclamée à Kouroukan Fouga” UNESCO

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